Poignées de mains enfantines



Ne pensez pas que je tente de construire tout un scenario juste parce que quelques gamins sont venus me serrer la main, mais leur image reste gravée comme une petite perle dorée dans ma mémoire de voyageuse.

 

Serait-ce le signe que je ne suis pas blasée et que des choses, simples pour les autres, m’émeuvent encore?

 

Eh bien, en bien des lieux où je me suis rendue au Sénégal, j’ai vu des enfants de trois ans venir vers moi me serrer la main et retourner le plus naturellement du monde à leurs activités.

 

 

 

Il faut imaginer la scène d’un enfant qui

joue par terre, les mains dans le sable avec les autres dans la rue et quand il vous voit, il s’essuie rapidement les mains dans son vêtement pour venir vous saluer, sans qu’on l’y ait obligé.

 

Je garde un souvenir amusé de ces toutes petites mains qui s’accompagnaient d’un sourire. Je me baissais pour saisir toutes ces petites mains qui se tendaient vers la mienne et poursuivais ma route.

Même s’ils n’avaient pas comme Fatia les mots pour poser des questions, on pouvait voir chez eux une forme de courtoisie et de jeu, teintée de curiosité.

 

Implicitement, ces enfants me poussaient à m’interroger sur ce que signifie accueillir.

 

C’est peut être simplement, dire à celui dont le visage est inconnu qu’on l’a vu et qu’il est le bienvenu et cela, sans chichi.

 

Ce n’était pas la manifestation d’une forme de politesse. C’était tout autre chose. Cette sorte de spontanéité, disait plutôt comment prévalait chez eux le sentiment d’égalité allant au-delà des questions d’âge et de respect.

 

C’était un peu comme s’ils percevaient très clairement qu’il leur appartenait, à eux aussi, d’accueillir un visage nouveau.